1/3 - LES SOLDES INTERMÉDIAIRES DE GESTION (SIG)

Les soldes intermédiaires de gestion sont une transcription directe du compte de résultat. Ce sont des indicateurs synthétiques de l’activité de l’entreprise, qui servent généralement de base à l’analyse financière.

Les SIG expliquent donc la formation du résultat de l’exercice en analysant les différentes étapes de création de valeur dans l’entreprise, selon le découpage retenu dans le compte de résultat (exploitation, financier, exceptionnel). On distingue huit niveaux d’analyse.

Les SIG sont généralement présentés sous la forme d’un tableau.

  1. Marge commerciale (MC)

La marge commerciale analyse l’activité de base d’une entreprise. Elle concerne uniquement l’activité de négoce (achat pour revente sans transformation). Elle représente le gain net que l’entreprise réalise sur la revente de produits achetés en l’état.

Elle est déterminée par la différence entre les ventes de marchandises et le coût d’achat des marchandises à corriger de la variation des stocks de marchandises.

Vente de marchandises

– Achats de marchandises

± Variation des stocks de marchandises

= Marge commerciale

La marge est extrêmement variable d’un secteur à l’autre. Plus que son niveau absolu, c’est donc l’évolution de la marge qui doit être analysée. Il convient essentiellement d’en déterminer les causes (mévente de l’entreprise, conjoncture dégradée, nouveaux concurrents). La marge commerciale est un indicateur fondamental dans certains secteurs (distribution par exemple) et se révèle particulièrement utile lorsqu’on la transforme en taux de marge.

Production de l’exercice (PE)

L’indicateur d’activité d’une entreprise industrielle est la production de l’exercice. Elle mesure l’activité économique de l’entreprise.

La production de l’exercice est égale à la somme de la production vendue, de la production stockée et de la production immobilisée.

Production vendue

+ Production stockée

+ Production immobilisée

= Production de l’exercice

La production de l’exercice est un indicateur délicat à manier car il est la somme de trois éléments évalués de manière hétérogène. En effet, la production vendue est enregistrée en prix de vente alors que la production stockée et la production immobilisée sont évaluées à leur coût de production. Il permet en revanche d’analyser l’activité économique en prenant en compte les produits que l’entreprise fabrique pour elle-même, ce qu’un indicateur de mesure de l’activité comme le chiffre d’affaires ne permet pas.

  1. Valeur ajoutée (VA)

La valeur ajoutée représente la richesse crée par l’entreprise dans l’exercice de ses activités professionnelles courantes par rapport à la valeur initiale des biens et services utilisés pour réaliser ces activités.

La valeur ajoutée se calcule par la différence entre la production globale (marge commerciale et production de l’exercice) et la consommation de biens et de services en provenance des tiers.

Marge commerciale

+ Production de l’exercice

– Consommations en provenance des tiers :

Achats de matières et autres approvisionnements

Variation des stocks de matières premières et autres approvisionnements

Autres achats et charges externes

= Valeur ajoutée

En valeur absolue, la valeur ajoutée est un bon indicateur de l’activité économique de l’entreprise. Il est ainsi possible de mesurer l’importance relative des différentes activités exercées dans l’entreprise, d’étudier l’évolution dans le temps de l’activité de l’entreprise ou encore de la comparer à celle d’autres entreprises.

En confrontant la valeur ajoutée à d’autres données comptables, il est possible de mener deux analyses différentes qui sont caractéristiques du secteur d’activité de l’entreprise.

En premier lieu, le degré d’intégration de l’entreprise est mesuré par le rapport entre la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires. Une entreprise très intégrée (de la fabrication à la vente) aura un taux de valeur ajoutée plus important.

En second lieu, on peut mesurer la répartition de la valeur ajoutée entre les différents bénéficiaires (personnel, état, actionnaires, créanciers financiers, entreprise).

  1. Excédent brut d’exploitation (EBE)

L’excédent brut d’exploitation traduit le flux dégagé par l’exploitation de l’entreprise avant la prise en compte de sa politique de financement et d’investissement.

L’excédent brut d’exploitation s’exprime à partir de la valeur ajoutée en ajoutant les subventions d’exploitation et en retranchant les charges de personnel ainsi que les impôts, taxes et versements assimilés.

Valeur ajoutée

+ Subventions d’exploitation

– Charges de personnel :

– Impôts et taxes

= Excédent brut d’exploitation

L’excédent brut d’exploitation constitue un bon critère de la performance industrielle et commerciale de l’entreprise. En effet, il est indépendant du mode de financement, des modalités d’amortissement, des produits et des charges hors exploitation, de l’impôt sur les bénéfices. Il ne dépend que des opérations de production et de commercialisation.

Résultat d’exploitation

Le résultat d’exploitation traduit la richesse dont profite l’entreprise du fait de son exploitation. Il mesure les performances industrielles et commerciales indépendamment de la combinaison des facteurs de production.

Le résultat d’exploitation se détermine en ajoutant les autres produits de gestion courante, les reprises d’exploitation, les transferts de charges d’exploitation puis en retranchant les autres charges de gestion courantes ainsi que les dotations d’exploitation.

Excédent brut d’exploitation

+ Autres produits

+ Reprises d’exploitation

+ Transferts de charges d’exploitation

– Autres charges

– Dotations d’exploitation

= Résultat d’exploitation

  1. Résultat courant avant impôt (RCAI)

Le résultat courant avant impôt représente les flux normaux résultant de l’activité de l’entreprise après la prise en compte de la politique de financement de l’entreprise.

Le résultat courant avant impôt est obtenu par cumul du résultat d’exploitation et du résultat financier. Le résultat financier est la différence entre les produits et les charges financières.

Résultat d’exploitation

+ Résultat financier

+ Produits financiers

– Charges financières

+ ou – Quote-part sur opérations en commun

= Résultat courant avant impôt

De manière générale, le résultat courant avant impôt permet d’analyser le résultat d’une entreprise sans que le jugement ne soit modifié par des éléments exceptionnels.

Le RCAI s’oppose au résultat exceptionnel dans la mesure où il résulte de l’activité normale d’exploitation et de financement de l’entreprise.

  1. Résultat exceptionnel

Le résultat exceptionnel traduit les flux résultant des activités non récurrentes de l’entreprise, c’est-à-dire qui ne relèvent pas de sa gestion courante. Il ne s’inscrit pas dans la succession des soldes précédents puis- qu’il n’est issu d’aucun d’entre eux.

Le résultat exceptionnel est la différence entre les produits et les charges exceptionnels.

Produits exceptionnels

– Charges exceptionnelles

= Résultat exceptionnel

Le résultat exceptionnel est un SIG isolé dans le compte de résultat. Il ne traduit pas l’activité normale et susceptible de se répéter.

  1. Résultat net

Le résultat net est formé par la différence entre l’ensemble des produits et des charges de l’exercice. Il représente la mesure comptable du résultat qui figurera au passif du bilan.

Dans l’optique du compte de résultat, le résultat net comptable s’obtient en cumulant le résultat courant avant impôts avec le résultat exceptionnel et en retirant du total obtenu l’impôt sur les bénéfices ainsi que la participation des salariés.

Résultat courant avant impôt

+ Résultat exceptionnel

– Impôt sur les sociétés

– Participation des salariés

= Résultat net

Le résultat net comptable bénéficie d’une meilleure diffusion que les autres soldes intermédiaires de gestion dans la mesure où il figure au passif du bilan. C’est un élément central de l’analyse de la rentabilité financière de l’entreprise. Il convient de bien noter que l’évolution du résultat net comptable peut ne pas être significative dans la mesure où il prend en compte les éléments exceptionnels.

  1. Plus ou moins-values sur cession d’éléments d’actif

Cet élément distinct des soldes intermédiaires de gestion est présenté dans le tableau global pour faire apparaître le résultat des cessions d’immobilisations. Le montant est déjà pris en compte dans le calcul du résultat exceptionnel.

Prix de cession des immobilisations cédées

– VNC des immobilisations cédées

= PV/MV sur cession d’éléments d’actif

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